HIRUDOTHERAPIE : L'UTILISATION DE SANGSUES EN MEDECINE

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HIRUDOTHERAPIE : L'UTILISATION DE SANGSUES EN MEDECINE

L’hirudologie est l’utilisation de sangsues en médecine. Les différentes espèces de sangsues sont regroupées sous le nom des hirudinées d’où « Hirudothérapie ».

 

Definition

L’hirudologie est l’utilisation de sangsues en médecine. Les différentes espèces de sangsues sont regroupées sous le nom des hirudinées d’où « Hirudothérapie ».

Application

Au moment de la morsure, la sangsue crée un échange. Elle suce le sang et sécrète dans la plaie près de 30 substances, utiles pour plusieurs pathologies. Ainsi, le patient profite des effets thérapeutiques décongestionnants, anti-coagulants et anti-inflammatoires.La salive de la sangsue est reconnue thérapeutique et son action est multiple :• Anesthésiante tout en produisant une vasodilatation locale.• Actuellement nous connaissons trois substances anticoagulantes et anti-inflammatoires de la salive de la sangsue.• La fibrinolyse, soit la dissolution de la fibrine de la thrombose.• Un effet de saignée qui diminue la congestion et stimule la fabrication de sang nouveau, l'hématopoïèse.• Mais aussi une action antibiotique.La liste des indications de l’hirudothérapie est longue. Elle est notamment indiquée en chirurgie réparatrice, reconstructive, et traumatologique. Dans les applications majeures, on peut citer : le traitement des maladies veineuses (varices, phlébites, ulcères, hémorroïdes, etc), arthroses et tendinites, hypertension artérielle, migraines, apaiser les douleurs comme les maux de tête et acouphènes, troubles gynécologiques (douleurs prémenstruelles, aménorrhées), abcès/furoncles et œdèmes, hématomes, cicatrices douloureuses et inesthétiques, etc.

Toutefois, cette pratique est déconseillée en cas de troubles de la coagulation sanguine (hémophilie ou déficit de coagulation induit par un médicament), hypotension, anémie grave ou immunosuppression. Ce type de thérapeutique présente également un risque haut infectieux potentiel.

 

Pratique

La sangsue utilisée en thérapeutique est l’hirudo medicinalis. Elle vient exclusivement de la Turquie, car les sangsues européennes sont protégées et ne doivent plus être ramassées.

L’application des sangsues exige certaines précautions. Compte tenu des modalités de pose (nombre, fréquence, zone et technique de pose), l’utilisation des sangsues relève d’un acte médical et se doit d’être encadrée par n professionnel de santé. Les thérapeutes sont encore peu nombreux en France et leur répartition géographique est assez inégale.

Les conseils d’application préconisés sont l’usage de sangsues à jeun (qui assure le prise d’un repas complet et qui limite donc l’apparition d’infection cutanée) et traçable, le nettoyage de la peau avant et après l’application à l’eau savonneuse pour éliminer toutes odeurs ou traces de produits (crème, parfum…) pouvant perturber l’animal.

Pour faciliter la pose, différentes méthodes sont préconisées. La compresse est le moyen le plus simple et le plus efficace pour appliquer une quantité importante de sangsues. Un bandage serré maintient la compresse en place et par conséquent les sangsues. Le verre à liqueur ou le tube en verre permettent, quant à eux, de déposer les sangsues dans une zone précise et de visualiser leur fixation. Il existe également un instrument en matière plastique appelé « applicateur Chambron » qui permet une prise rapide de la sangsue.

Le nombre de sangsues à appliquer est déterminé en fonction de l’effet thérapeutique désiré, de la pathologie du malade et du malade lui-même (âge, antécédents médicaux, contre-indications).

L’action de la morsure de la sangsue se fait à deux niveaux : le premier par le prélèvement de sang qu’elle effectue pour assurer son repas suivi d’une hémorragie ; le deuxième par l’injection de ses sécrétions salivaires dans la circulation sanguine. La sangsue tombe spontanément après une succion qui dure de 20 à 45 minutes environ. Il est préférable d’attendre la chute de l’annélide plutôt que de l’arracher sous peine de provoquer une plus grande cicatrice et de perdre le bénéfice de la pose de sangsue.

Il faut enfin laisser couler le sang (qui peut atteindre jusqu’à 60g) après leur chute si l’on désire une action de saignée véritable. Pour stopper l’hémorragie, il est possible d’utiliser de l’eau oxygénée sur une compresse, une solution concentré d’antipyrine ou un tampon d’amadou.

En séance d’hirudothérapie, la pose sur l’endroit à traité est de 1 à 8 sangsues et dure le temps que met la sangsue à se gorger de sang, soit de 20 minutes à 2 heures. La morsure de la sangsue peut être comparée à une piqûre d’ortie, sensation qui disparait rapidement grâce à l’effet anesthésiant de la salive. A la fin du traitement, un gros pansement est posé sur la plaie qui peut couler encore pendant 6 à 12h. Il faut boire beaucoup d’eau et se reposer. Selon les affections à traiter, il faut compter de 1 à 10 séances.

 

Expertise

Les résultats sur les troubles de santé que cette thérapie ancestrale peut résoudre sont souvent spectaculaires. L’arthrose du genou en est le meilleur exemple :« avec 80% de réussite, les sangsues sont le meilleur traitement avant la prothèse », confie le Dr Kaehler Schweizer.

Réglementation

Compte tenu de la dégradation des espaces de vie et de l’apparition de nouveaux virus, une sangsue sauvage doit au moins avoir jeûné six mois avant d’être commercialisée afin de s’assurer qu’elle ne puisse pas transmettre un parasite.

En revanche, les sangsues de récolte apportent plus de sécurité car des contrôles réguliers microbiologiques des sangsues et de l’eau où elles vivent sont réalisés. Et celles de laboratoire donnent la certitude qu’elles n’ont jamais mordu un humain ou un animal sauvage, étant nourries de sang animal contrôlé et de traçabilité totale.

Toutefois la législation qui réglemente l’emploi des sangsues et contrôle leur qualité est en plein bouleversement. Les sangsues sont aujourd’hui inscrites sur la liste des animaux menacées, interdisant le ramassage de sangsues sauvages dans toute l’Europe. De plus, les importations/exportations sont soumises aux lois sur la conservation des espèces et doivent être autorisées par la commission internationale de chaque pays concerné. 128 Etats sont signataires de la convention sur le commerce international des plantes ou animaux en voie de disparition (connues sous le nom de Convention de Washington ou Cites » qui réglemente les exportations et les importations.

En France, tout comme en Belgique, les sangsues ne sont considérées que comme des aides thérapeutiques tolérées. Ce sont les négociants qui portent la responsabilité de la qualité des sangsues commercialisées qui est souvent fluctuant selon l’origine. Les autorités se limitent à contrôler les CITES d’import-export.

Par contre aux Etats-Unis, les sangsues ont été promues par la FDA (Food and Drug Administration) en 2004 au rang officiel de « medicinal device » c’est-à-dire comme auxiliaires médicales, avec autorisation de mise sur le marché.

Et en Allemagne, le gouvernement vient même de déclarer officiellement les sangsues comme médicament.

Après traitement, il est interdit de remettre les sangsues utilisées dans la nature pour une question d’hygiène mais aussi de part leur patrimoine génétique différent de celles sur nos territoires

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